dimanche 23 décembre 2018

Émanation Fractale







Émanation Fractale



Oluf Bagge  - Yggdrasill. XIXe siècle



Sans limite, il y a écho de l'être,
Chaos et néant nommés.
Humus d'où pousse un arbre sacré
Dans un déploiement sylvestre.

Éclos la vie au sein des univers
Cicatrisant les blessures.
Verbe guérisseur en prose et en vers,
Poëmes vêtus d'azur
Déconstruisant  les dictats dogmatiques,
Couronnant la dignité.
Couronne de vigne pour la beauté
Et l'inspiration mystique,
Couronne d'épines pour la compassion.
Serpent enlaçant la croix
Dans l'hédonisme de la rédemption.
Rose d'amour et de foi.

Photosynthèse d'un Faust repenti.
L'amitié dans le dédale
Par les voix de l'émanation fractale
Soigne et redonne vie !


~Alaric Skógarmegin~

mardi 11 décembre 2018

Célébration de la Montagne







Célébration de la Montagne



Theodor Kittelsen - Skogtroll. 1906



Je célèbre ta sérénité, je célèbre ta torpeur !
Montagne inspirante, montagne songeuse...

Amante de la source, maîtresse des nuages.
Matriarche  aux courbes de roches et aux angles acérés
Où somnolent des Titans de pierre drapés de mousse.
Tous les rêves sont permis dans les cavernes de tes songes.
Le serpent et le rapace explorent tes extrêmes,
Le glacé et le brûlant fraternisent en caresses sur ton corps

Tes forêts où méditent les colosses feuillus
Et les géants résineux
Accueillent le murmure des oréades.
Et ces chants de la nature
Initient le poète à tes liturgies saisonnières

Montagne inébranlable; montagne vénérable...
Je célèbre ta splendeur, je célèbre ton immensité !



~Alaric Skógarmegin~

dimanche 2 septembre 2018

Petit Oiseau d'Éveil







Petit Oiseau d'Éveil


Alaric - Petit oiseau d'éveil. 2011 (image modifiée)



Un oiseau chante mon éveil
Il piaille la lumière en notes de gaîté
Et me berce hors de mon sommeil
Invoquant une paisible vitalité.

Plaidoyer du pioupiou pour le cuicui,
Des doux repos d'un bosquet de buis
Jusqu'aux somnolences de la rue,
Sur la branche s'ébroue l'hurluberlu.

Dans cette valse de brume spectrale
L'ambassadeur chaleureux de l'aurore
S'est uni à la fraîcheur matinale.

Muezzin du jardin au bec d'or,
Fluet troubadour des villes et des bois...

Là tinte la rosée en perles de joie :
L'appel d'un burlesque cérémonial,
Qui m'invite aux arabesques musicales...
Sifflote le petit volatile impétueux,
Ce messager de l'aube nouvelle,
Comédien à plumes, volubile et malicieux,
Distillant ses douces ritournelles.


~Alaric Skógarmegin~

mardi 15 mai 2018

Amitié Sacrée







Amitié Sacrée


Emil Doepler - Valhalla. 1905



Que notre amitié en amour fraternel fleurisse !
Triomphent les mots de nos loyautés,
Que recueillent nos cœurs en calices,
Malgré les maux que nous devons endurer.

Même si parfois, malgré notre pure sincérité
Les tensions peuvent briser nos sourires !
Nous pouvons maladroitement nous blesser...
Mais rien ne peut faire notre estime dépérir !

Savoir préserver les jardins somptueux de la joie !
Ouvrir les farandoles de connivence !
Attiser les camaraderies de nos Valhalla !
Exalter les éclats de rires dans nos consciences !

Sachons puiser les sensibles runes d'élan vital
Pour soigner nos rancunes mornes et amères.
Pour que toujours reparaisse un soleil jovial
Astre invincible dans nos âmes sincères !


~Alaric Skógarmegin~

mardi 17 octobre 2017

Les larmes de Sequana




Les larmes de Sequana

" Ici on noie les Algériens ! "



Sequana la gallo-romaine
La sinueuse écumante : la Seine !
Qui abreuve Paris
De ses remous insalubres,
Et de ses ondes meurtries
Aux stigmates lugubres.


C'est une femme endeuillée.
Son âme et sa dignité
Sont encore plus polluées que son eau.
Et sa complainte est un triste chant :
Le clapotis de ses flots,
Larmes d'effrois et de sang,
N'entonne pas la marseillaise,
Loin d'être une pitié niaise
Il est un pleur douloureux
Pour le sort des Algériens.
Sait-on seulement combien d'entre eux
A-t-elle reçut en son sein ?



Nymphe qui coule en écueil
Brumeuse atmosphère de deuil
Humide romance outragée
Dans l'intimité de ses courants
Amour fluide défiguré,
Fleuve violé par ses enfants.
À ces français qui l'ont tant polluée
Tout au fond,
Leur serait-elle redevable ?
Ô que non :
Colonialisme coupable !


 Triste danse de la mort du cygne
Sequana aux embruns effarés
A vus ces martyres se faire noyer
Par des fils indignes.
Pluie de larmes amères
Sous le tumulte de la ratonnade
Les insoumis en leur noyade
Ont sombré vers le chagrin de leur mère.


Un abyssale opprobre de sang et de crasse.
Idéologie de la race
17 octobre 1961 :
" Ici on noie les Algériens ! "
  


~Alaric Skógarmegin~

mardi 28 février 2017

Oxymore







Oxymore


Jan van der Straet - Le laboratoire de l'alchimiste. 1551





Danse des opposés, idylle des confrontations,
L’oxymore est non-sens qui génère du sens.
Ainsi le grand-œuvre purifie le clair-obscur.
L’alchimie, cet art royal qui couronne l’anarchie avec l’or philosophal,
Distille la mélancolie joviale de la quête mystique.





Alaric - Zos Kia Cultus. 2017





Avec les loups et les louves du chaos qui hurlent à la vie,
J’invoque l’aurore hyperboréale du grand midi,
Crépuscule des iconoclastes,
Révolution des astres occultés,
Soleil noir de Nuit, aube écarlate du grand soir !
Somnoler jusqu’à atteindre l’éveil,
Clore ses paupières pour ouvrir son regard.





Alaric - Oxymore. 2010





Le soufre et le mercure s’accordent au diapason discordien
De leurs noces guerrières.
Les antinomies s’enlacent, la créativité détruit les ersatz,
La torpeur en vertige enfante l’élan vital,
La hache de paix est déterrée !
Verbe fourchu de la muse contre-confusionniste,
Tel un venin guérisseur,
L’oxymore en spirale imbibe les runes de mes paradoxes poëtiques !


~Alaric Skógarmegin~

lundi 30 janvier 2017

Enclave de Vie



Enclave de Vie


William Bouguereau - La jeunesse de Bacchus. 1884

 


Une enclave de vie s'ouvre,
Une voix clame la voie nouvelle.
Suave aurore qui nous recouvre,
Douce éclosion d'un lotus charnel.

Une sapience aux mains ouvertes
Pour caresser nos esprits,
Toucher nos consciences alertes
Puis éveiller en nous une poësie de vie.
Une justice aux yeux découverts
Pour contempler nos âmes,
Sonder nos cœurs sincères
Puis guérir les ratures qui en nous se trament.

La belle droiture amoureuse
Affranchit le feu de nos sanctuaires.
Elle se donne en vertu généreuse
Et s'envole vers d'autres sphères...
Sagesse sensible des cieux
Qui illumine nos rires fous.
Elle se donne en savoir joyeux
Mais disparaît je ne sais où...




 
Theodor Kittelsen - (Trolls). 1883

 


Tous vos théoriciens les voici ahuris
Devant nos épanouissements individuels.
Au tréfonds de ces chutes que nous avons subies
Le libre-esprit refleurit pour l'arbre éternel.
Les voilà impuissants, vos palais d'injustice
Face à notre fière et commune dignité.
Tout au fond de nos échecs et de nos supplices
Se love le triomphe de nos félicités.

Sacrifice du poing serré de rectitude
Broyé par les crocs du loup furieux !
Reprendre notre chemin dans ce monde absurde
Vers de nouveaux cénacles heureux.
Avancer au-delà de l'espoir,
Ne pas se laisser tuer par la résignation.
Sacrifié au puits de la mémoire
Clos est le regard perçant de compréhension !

Elle se fane la fleur de joie...
Nous avons goûter à l'idylle temporaire,
L'autonome matrice de foi,
Zone à défendre pour parousie éphémère.




 
   Luis Ricardo Falero - Sorcières qui vont au Sabbat. 1878

 


Éclatent les multiples bulles de saveur...
Mais ayant savouré ces parcelles de bonheur
Nous avons gardé toutes les vitales vertu,
Et nous ferons fructifier nos luttes perdues.


Sous les fondations de la cité :
Trône notre terre matricielle !
Savourons nos solidarités
Comme des rayons de miel.
Au-dessus des civilisations :

Règne les cieux en chasse sauvage !
Nous avons semé l'insoumission
En regardant les nuages

Avec la serpe du temps
Nous cueillons des bouquets d'espace.
Le sablier s'écoule doucement.
Sous le gui les amoureux s'enlacent .
Avec le noble marteau
Fut consacré le sol mutable.
Nous soignons nos fractures, nos idéaux
Au pied du chêne vénérable.




 
  Lionel Royer - Druidesse. 1912



Pour le moment nous sommes enivrés
Et bannissons toute la misère.
Nous exprimons nos identités
Loin des recroquevillements identitaires.
Pour un instant nous sommes libérés
Des geôles moisies du sens de l'histoire.
Nous goûtons l'universalité
Loin de cet universalisme dérisoire.

Les ouragans millénaires
Renversent vos empires impies !
Nous sommes amis des courants d'air,
Des petit tourbillons d'utopie.
Par les sentiers de notre hédonisme
Nous célébrons le fantastique,
Sont fermés à votre réalisme
Tous nos bosquets féériques !





Joseph Noel Paton - Titania et obéron. 1849



Chant de rire et d'amour que la colère trace,
Cœurs grivois en hydre de révolte-face,
Chimère d'humour courtois en oisiveté pieuse,
Telle est l'ivresse de nos jovialités fiévreuses.



~Alaric Skógarmegin~






samedi 7 janvier 2017

Noces Aquatiques



   
Noces Aquatiques

Ayant dévoilé ma flamme à la néréide,
Le brasier de ma sécheresse s'est éteint
Au son cristallin de sa réponse enjouée,
Scellant ainsi la symbiose de nos fiançailles.
Volage et aérienne, en amoureuse brume nacrée la belle m'enveloppe !



John WilliamWaterhouse - Circe Invidiosa. 1892

 
Dans la précipitation j'avale en amont les gouttelettes.
Affranchis, je dois à présent m'offrir en histoire d'Eau !
Mais le gouffre humide me glace le sang :
Des neiges éternelles je dois plonger jusqu'à l'abysse profond,
D'une stalactite du glacier je dois lâcher prise
Et renoncer à la crispation givrante...
Mais comment sombrer en chute salvatrice ?


Ma naïade me rassure
Et de son index sur mes lèvres
Clôt ma question et me fait chute d'eau :
Me voici devenu cascade !
Ainsi commence le voyage en aquarelle.
Alors, je m'immerge
Au plus profond des cavernes de l'introspection,
Je m'infiltre dans les nappes phréatiques
Pour hanter un moment les rivières souterraines.
Là, mon espiègle fée lacustre m'éclabousse de ses mystères :
Dame du lac m'offrant l'épée pacifique.
Je plonge,  je bois, je goûte...
Affluent et confluent les fraîches saveurs
Ondulent les ondes en auréoles,
Pulsations d'énergies en clapotis !




Alaric - "Me voici devenu cascade !"  2017



Puis ma muse d'eau douce en ces méandres
Me conduit au-delà des collines, au travers de la plaine
Où serpentent et s'écoule le fleuve
En effluves d'embruns vers l'estuaire.
Eaux saumâtres et langoureuses lagunes,
Bulles d'une savante sirène
Qui m'invite à ses vagues taquines,
Ces remous d'eaux salées en libertins rouleaux.


L'écume à fleur d'océan s'évapore en volontaires et désirantes volutes :
Me voilà sublimé tel Icare vers ce soleil qui caresse la mer.
S'accumulent et se condensent les vapeurs d'eau lustrales
En cumulus tout cotonneux de tendresse.


Et je vole au-delà de l'aire du Verseau
Qui déverse de sa transe le crachin qui gicle en émois :
En bruines délicates ou en déluges orageux
Sur les terres assoiffées.
La pluie humecte, la neige effleure, la grêle flagelle...
  




Alaric - Abysse. 2010


Ainsi recommence à jamais, encore et toujours
Le voyage incessant des noces aquatiques.
Eau jaillissante de la terre et du ciel.
La nymphe qui mouille, qui aime libérer les êtres
Nous rapproche du sublime sentier des extases !


~ Alaric Skógarmegin ~

dimanche 27 novembre 2016

L'Automne des Puissances



   
L'Automne des Puissances

Peter Nicolai Arbo - Åsgårdsreien. 1872

 

À travers les cieux métaphysiques
Que déchirent les valkyries frénétiques,

Je scrute les montagnes célestes
Là où rayonnent les runes du pont des nues.
J'attends de l'olifant la clameur funeste 
Tout en avançant vers ma vertu...


Lorenz Frølich - Heimdallr soufflant dans Gjallarhorn. 1895
(Image modifiée)



Au-delà des nuages nacrés
Que visitent les évasions les plus sacrées,

Je sonde le puits des altitudes
Jusqu'à ce houppier qui auréole les mondes :
Diadème d'or abolissant toute servitude,
Ronde couronne de feuilles blondes.

La liberté seule a cet éclat,
Nulle autorité terrestre n'ouvre la voie !
  


Dorothy Hardy - Odin et Fenrir. 1909


Quand Odin tire sa révérence,
Quand dans la gueule du loup plonge la lumière,
Le poëte surmonte son automne des puissances,
Dame Soleil revient belle et fière !

De nos destinées peignons la toile,
Flânons sur les sages sentiers de nos étoiles...



Edda de Snorri,
Reykjavík, Institut Árni-Magnússon - Le frêne Yggdrasill. environ 1680


Il y a la rosée du matin
Tout en haut de l'Arbre Roy au-delà du ciel :
Les cœurs mystiques franchissent leurs fatum, sereins
Ivres de cette écume éternelle.

Même si l'arc-en-ciel est brisé,
La vie et l'élan vital sont entrelacés. 

~ Alaric Skógarmegin ~